3.3. L'Etat esthétique : une "instrumentalisation de la culture et des arts" ?

 

Ce dernier point du cours apporte une nécessaire note critique dans le concert de louange do,nt bénéficie le recours politique et éducatif à l'art, à la culture et à l'esthétique. Cette salutaire critique est empruntée au livre de Christian RUBY : "l'Etat esthétique. Essai sur l'instrumentalisation de la cultur eet des arts", castells labor, 2000. Salutaire ? Oui : pour préserver la portée éducative et politique de l'art, il convient de veiller aux usages qui en est fait. Les quelques passages extraits de l'ouvrage de C. Ruby proposés ci-dessous y invitent avec vigueur.

1. L'esthétisation contre la citoyenneté et la transformation politique ?

"Nous vivons une époque qui se nourrit d'une foule de processus d'esthétisation tous destinés à aider les pouvoirs à contourner les engagements poltiqies effectifs et la transformation envisagaeble du monde? 1us ein des processus qu'il détermine et active pour se préserver de tout bouleversement, lEtat instrumentalise la culture et les arts. Il dilue puis dissout les velléités de mobilisation des citoyens et des citoyennes en focalisant leur attention sur des modes, des cérémonies et des spectacles au copurs desquels il n'est question que de "sentir quelque chose de très fort"". (p. 6)

2. L'esthétisation gomme les dissensus inhérent à la démocratie

"Ces programmes d'art et de culture ne sont octroyés aux citoyens que sur la base de motifs de cohésion sociale dénués de toute considération sur les heurts et les dissentimens sociaux et politiques. Ils sont parfopis justifiés par une doctrine de l'urgence, celle d'avoir à lutter contre la désagrégation de lza vie collective et la violence e public - dont on ne veut pas déterminer les sources - en réveillant à leur encontre des sentiments communs passablement assagis" (Idem)

3. Le sens politique d'une "époque esthétisée"

"C'est un problème général de comprendre le sens philosophique de ces décisions et de leurs justifications. Du point de vue que nous occupons, elles contribuent essentielleemnt à fortifier le développerment d'une ample cosmétique d'Etat. Cette dernière constitue dorénavant le support d'uine démocratie et d'une république effrayées par le fractionnement réel de l'espace social et politique qu'elles n'arrivent plus à masquer ( et à se masquer) , et qui porte des noms multiples : sxclusion, désaffiliation, anomie et dépression, dissentiment politique. Nous sommes entrés dans une époque esthétisée, une époque substituant, par des magies spactaculaires, à l'enthousiasme politique qui devrait être notre lot de citoyens, une valorisation des agitations ludiques et d'une jeunesse de supporters sportifs" (p. 7)

On terminera en posant cette question : Comment "sauver" la vérité éménacipatrice et éducative de l'art face à cette esthétisation ? Comment préserver l'espérance du Schiller des Lettres sur l'éducation esthétique ?