FORMATION DE SOI; FORMATION DU SOI, DEVELOPPEMENT PERSONNEL

 

Introduction. Problématique : Les enjeux de la formation et de l'éducation de la personne


1. La vogue du développement personnel.

Le « développement personnel » est à la mode. Il suffit de constater la place que lui réservent les rayons de librairie et l'engouement que suscitent diverses pratiques pour s'en convaincre. Illustrations.
Une simple analyse de la première page d'un moteur de recherche comme google après avoir tapé « développement personnel » suffit déjà à dégager des indications précieuses qaunt au sens et aux enjeux de cette vogue

Document A : Le développement personnel selon google....

http://www.google.fr/#hl=fr&q=DEVELOPPEMENT+PERSONNEL&start=10&sa=N&fp=80b87b7cb2fa280f


De cette premièe analyse, on retiendra trois premiers enseignements :

La lecture de l'article que consacre Wikipédia à ce terme est ici particulièrement intéressante et confirme ces premières analyses : ce dictionnaire en ligne, il faut le rappeler, est écrit par les usagers eux-mêmes ; la valeur scientifique et l'intérêt « militant » peuvent s'y croiser ; volonté de vérité et volonté d'édification risquent de s'y mêler... Nous comencerons donc par le lire et le commenter.

Document B. Développement personnel. Article Wikipedia

 On nomme développement personnel, épanouissement personnel ou croissance personnelle (qc) un ensemble de pratiques ayant pour finalité la redécouverte de soi pour mieux vivre, s'épanouir dans les différents domaines de l'existence, réaliser son potentiel etc. Il n'existe pas une méthode unique de développement personnel, mais une multitude d'approches et de pratiques qui s'attachent à cet objectif. Divers enseignants de développement personnel se réclament de la psychologie, ou encore du bouddhisme zen. Il y a donc une large variété de disciplines qui lui sont liées dont certaines à vocation individualistes ou encore spirituelles.

Le secteur du « développement personnel » fait souvent l'objet d'une certaine méfiance de la part des médias et des pouvoirs publics. La méthodologie est parfois jugée nébuleuse et certains groupes sectaires comme la scientologie sont parfois accusés de s'en servir pour recruter de nouveaux adeptes. Certaines promesses et idéaux seraient susceptibles d'abuser la vulnérabilité de certaines personnes et de les attirer dans des pratiques non reconnues qui pourraient présenter un danger pour la santé. Le développement personnel ne s'appuie sur aucune base scientifique, ses méthodes s'inspirent des spiritualités et des pseudosciences, et se distingue des thérapies psychologiques conventionnelles

Historique

La plus grande partie des techniques de développement personnel est associée au New Age, lequel aurait trouvé son inspiration dans les années 1920 auprès de la théosophie (Helena Petrovna Blavatsky, Alice Bailey, etc.), du bouddhisme et de l'hindouisme. Une seconde inspiration serait l'Ère du Verseau de Paul Le Cour ainsi que les valeurs et utopies de la génération "Peace and Love".

Les années 1970 sont propices à l'exploration psychique, certaines personnes expérimentent la consommation de substances psychotropes, comme le LSD utilisé d'abord comme moyen thérapeutique par Timothy Leary.

La jeunesse est alors partie prenante des grands mouvements contestataires des années 1960, mai 1968, contestation contre la guerre du Viêt Nam. L'Occident redécouvre la spiritualité et certaines pratiques comme la méditation transcendantale, souvent au contact de l'Inde et sa connaissance traditionnelle, à l'image d'artistes comme le poète Allen Ginsberg, les Beatles et notamment George Harrison, Carlos Santana, etc.

À cette époque naissent les psychothérapies modernes, expérimentées à l'Institut Esalen (Californie) comme le Cri primal de Arthur Janov, le Rebirth, le Rolfing d'Ida Rolf, expérimenté par John Lennon et l'Analyse bioénergétique d'Alexander Lowen, en phase avec les travaux de Wilhelm Reich, élève de Freud ainsi que la psychologie humaniste d'Abraham Maslow et Carl Rogers. On découvre aussi, en 1968, la Gestalt-Thérapie de Fritz Perls.

C'est dans les années 1980 que la psychologue américaine Marilyn Ferguson théorise le mouvement. Elle préfigure dans La conspiration du Verseau "l'émergence d'un nouveau paradigme culturel, dont l'extension serait planétaire, annonciateur d'une ère nouvelle dans laquelle l'humanité parviendrait à réaliser une part importante de son potentiel physique, psychique et spirituel". Le courant est alors dans la suite de la vague de libération des années 1970 dans une phase ascendante et expérimentale, en accord avec une grande partie des idéaux de la jeunesse occidentale.

Aujourd'hui, 10 % des livres vendus dans le monde traitent de développement personnel[1]

Objectifs

Quelles sont, a priori, les visées du développement personnel ? Le développement personnel n'est pas tant une essence qui permettrait de définir plusieurs disciplines - si différentes - qu'un ensemble d'objectifs, pas nécessairement adoptés par ces disciplines, mais qui peuvent leur être associés et se pratiquent en stages ou en consultations individuelles.

Par exemple, certains pratiqueront la méditation en vue de s'épanouir, ce qui définira le développement personnel par l'objectif, tandis que la même forme de méditation pourra être pratiqué hors contexte de développement personnel, par exemple dans un contexte de pratique spirituelle.

La finalité est d'accéder à des changements, de réaliser un accord entre l'être et l'avoir. En quelque sorte le développement personnel est à un niveau méta : il sert quand on veut modifier sa volonté.

Diverses techniques de développement personnel

La notion de Développement personnel est parfois détournée par certains groupes sectaires qui peuvent en faire un produit d'appel (ex. : la Scientologie, le mouvement raélien).

Concepts du développement personnel

Certains concepts sont entrés dans le langage courant. Des notions théoriques a priori restreintes à un cadre de pensée rigoureusement défini se muent en concepts ordinaires. C'est, par exemple, le cas de la notion de libido. Plusieurs concepts reviennent assez souvent dans le jargon du développement personnel :

Le travail sur soi ; Les chakras ; L'intuition ; L'énergie psychique, la bio énergie / stress, angoisse ; L'enfant intérieur.

Liens internes vers différentes approches

 

2. Un processus anthropologique, politique, philosophique


De cette première exploration, on peut dégager quelques enseignements importants, et qui pourraient être quelques-unes des lignes de force de notre réflexion dans ce cours. La « vogue du développement personnel », c'est clair, ne peut être ignorée ou éludée comme un simple « phénomène de mode ». Il s'y dit et s'y joue quelque chose d'essentiel dans le devenir des sociétés contemporaines et des individus qui les composent :


- Il s'agit d'un phénomène social significatif et de grande ampleur. Quelque chose comme ce que les anthropologues et les sociologues appellent « un fait total ». Problématique sociologique et anthropologique.


- Il concerne une question, une préoccupation éducative majeure, centrale : la formation de la personne, la formation du sujet, le devenir personne, le devenir sujet, la construction de soi, la conduite de sa vie comme sienne, etc.. Problématique éducative.


- Il porte au premier plan la grande ambiguité dans laquelle semble être prise aujourd'hui cette préoccupation : entre l'idéal humaniste de la Bildung et la manipulation des esprits, entre la psychologie et la parapsychologie, entre la philososphie et la théosophie, entre maîtrise et démission entre les mains du gourou, etc. Nous sommes ici dans une situation comparable à celle qu'anayse Charles Taylor lorsqu'il distingue l'idéal d'authenticité des dérives et dévoiements qui l'obscurcissent... Notons aussi que cette ambiguité, cette ambivalence témoignent du désarroi des hommes et des femmes d'ajourd'hui dans la tâche de construction de soi. Problématique philosophique et socio-historique.


- En dernier ressort, il s'agit d'une phénomène en étroite relation avec la problématique de l'individualisme dans les sociétés démocratiques, avec ce que Marcel Gauchet appelle « l'individualisme démocratique », avec l'affirmation de l'individu comme valeur et principe, caractéristique constitutive de la démocratie. Problématique philosophique et politique. Sur cette problématique de l'individualisme contemporain, on notera deux éléments susceptibles de guider notre travail :


- L'individualisme contemporain, son sens, son destin, est au coeur d'un débat philososphique opposant ceux qui voient dans son développement et ses formes dont participent bien entendu quelques-unes des formes prises par le développement personnell : une émancipation, et ceux qui y dénoncent au contraire une aliénation.


- L'affirmation de l'individu comme principe et valeur s'est constituée dans le cadre d'un individualisme proprement philosophique. En rappeler l'histoire et les enjeux, à la clarification de ses concepts est une aujourd'hui nécessité. Une fondation philosophique de l'individualisme est particulièrement nécessaire en éducation et en formation. Pourquoi ? Parce que l'éducation et la formation ont nécessairement affaire aux concepts et aux notions à l'oeuvre dans cette fondation philosophique : l'indépendance et l'autonomie, l'individu et le sujet....


(NB : Sur ces deux points, le débat sur l'individualisme contemporain et la fondation philosophique de l'individualisme, on lira avec profit le petit livre d'Alain Renaut : L'individu. Réflexion sur la philosophie du sujet).


3. Un processus qui traverse aussi le champ de la formation et de l'éducation


Le thème du « développement personnel » concerne bien entendu tout un aspect de la fomation, traversée par cette tentation sinon cette dérive. L'article de Wikipédia en témoigne, mais tout autant nombre des « outils » de « l'ingénierie de formation », de l'analyse transactionnelle d'hier au coaching d'ajourd'hui, en passant par les différentes variantes du « saut à l'élastique ».

 

Plus profondément, on y reviendra, la problématique de la formation de la personne est une problématique majeure de la formation. La notion de Bildung le dit bien. On peut déjà noter qu'elle est elle aujourd'hui aussi marquée d'une forte ambivalence, dont témoignent la littérature spécialisée du domaine. En voici un exemple, le début (l'abstract) d'un article de Mokhtar Kaddouri Maître de conférences au Conservatoire National des Arts et Métiers :

Document RÉSUMÉ

Document C : Mokhtar Kaddouri, « La formation des adultes en entreprise : entre compétences et assignation identitaire », in Les Finalités de l'éducation, Revue Education et Francophonie, volume XXX : 1 printemps 2003 (accessible en ligne : .http://www.acelf.ca/c/revue/pdf/XXX_1_158.pdf )


La seule lecture du résumé de ce texte donne une première indication des enjeux identitaires :


« Résumé : L'article fait l'hypothèse que la formation professionnelle continue joue une double fonction. La première (et traditionnelle) fonction vise la satisfaction des exigences de fonctionnement de l''entreprise en matière de compétences individuelles et collectives. La deuxième, renforcée par l'évolution des conditions de la compétitivité, vise la conformation des salariés à un modèle identitaire privilégié par les responsables des entreprises. Cette fonction est analysée à partir d'un détour historique mettant en rapport les modèles organisationnels et les modes d'assignation de l'dentité aux salariés. Il aboutit à une mise en garde contre les risques d'exclusion qui se font au nom du profit, sans impunité et sans éthique de la part des tenants de l'économie libérale ».


Mais la préoccupation de la formation de la personne n'est pas réservée à la formation. Elle est au coeur de toute réflexion sur les finalités de l'éducation, de toute définition de l'éducation dans son essence. Le Traité de pédagogie générale (PUF, 1946) de René Hubert s'ouvrait sur une revue de différentes définitions de l'éducation :


- Pour Herbart, note-t-il, son but est « la formation de l'individu pour lui-même, en éveillant en lui la multiplicité de ses intérêts ».

- Pour James Mill, l'éducation a pour objet « de faire de l'individu un instrument de bonheur pour lui-même et pour les autres ».

- Pour Stuart Mill, l'éducation est « tout ce que nous faisons pour nous-mêmes et tout ce que les autres font pour nous, dans le but de nous rapprocher de la perfection de notre nature ».

- Pour Kant, le but de l'éducation est de « développer dans l'individu toute la perfection dont il est susceptible »....


R. Hubert en concluait que « toute éducation à une destination », et que « cette destination coïncide exactement avec celle qui est ssignée à l'homme lui-même » (p. 5).


On trouvera une expression particulièrement forte de cette préoccuaption dans le programme et le projet du
Collectif Ecole changer de cap


Document D : « Réussite scolaire ou réussite humaine ? colloque proposé pae le Collectif Ecole changer de cap » :

Samedi 4 octobre 2008 à l'Institut de Psychologie Université Paris V René Descartes 71 av. Edouard Vaillant - 92 Boulogne (Métro Marcel Sembat)


« Quel sens l'école donne-t-elle à « la réussite » ? Les valeurs et les comportements qu'elle induit ne sont-ils pas en contradiction avec ses aspirations démocratiques ? La réussite scolaire ne va-t-elle pas à contresens de la réussite humaine ?

La représentation dominante demeure que l'école est un lieu de réussite intellectuelle, et au mieux secondairement un lieu « d'apprentissage de la vie ». Aux élèves de s'adapter au système plutôt qu'au système de s'ouvrir à leurs rythmes d'apprentissage, à leurs attentes et angoisses, de comprendre les causes de leurs blocages, d'y remédier. Bien qu'essentiels à la réussite humaine, des savoirs et des apprentissages tels la connaissance de soi et la relation à autrui, la capacité d'écoute, le sens du dialogue, l'esprit critique et autocritique, le savoir-vivre ensemble, ou encore la capacité de résoudre les conflits et l'attitude de co-responsabilité constitutifs de l'esprit démocratique ne sont pas au programme de l'école. Pourquoi ? Ignorer cette éducation psychosociale, n'est-ce pas comme oublier d'enseigner l'éducation physique ou la philosophie ?

Pourtant, de nombreux savoirs et outils issus des sciences humaines ont fait leurs preuves et attendêtre généralisés. Ce retard coûte cher aux personnes et à la société, alors que leur mise en oeuvre offrirait les meilleures conditions pour améliorer le climat scolaire et faciliter l'appropriation des connaissances. Edgar Morin nous rappellera que d'autres savoirs humainement essentiels restent méconnus par l'école et que la « disjonction excessive des disciplines » fait perdre à l'élève le sens de la complexité du réel et la saveur des savoirs : la passion d'apprendre.

Les apprentissages visant à répondre aux besoins fondamentaux des personnes ne sont pas séparables des besoins de la société. Réussite individuelle et réussite collective se commandent mutuellement. D'où la nécessité de repenser la réussite scolaire à l'aune de la réussite humaine, qui repose notamment sur la coopération, non sur la compétition acharnée ; sur le développement du quotient relationnel autant que du quotient intellectuel. L'autorité y trouverait sa juste mesure, la violence y perdrait des racines. C'est cette dimension anthropologique et éthique qui donne son plein sens à toute action éducative, sociale et politique. Poser les problèmes de l'école sous cet angle permet d'approcher dans toute leur profondeur les causes des échecs scolaires, de la désocialisation manifeste qu'ils génèrent mais aussi des souffrances muettes qui peuvent perturber toute une vie. Et ainsi de mieux fonder les conditions d'une vraie réussite pour tous. C'est à éclairer la place et la fonction de l'école dans ce processus d'humanisation que ce colloque sera consacré ».

L'actualité philosophique de la question de la formation humaine est clairement affirmée dans la présentation que fait Christiane Gohier du numéro de Education et francophonie consacré aux finalités de l'éducation (volume XXX : 1, printemps 2003) :

« La question des finalités de l'éducation, si elle n'est pas nouvelle, doit être revue à l'aune de cette nouvelle donne sociale et peut prendre plusieurs formes. L'éducation doit certes former une personne apte à fonctionner dans cette société, mais pour ce faire, doit-elle viser la formation de l'individu en fonction de son ajustement aux impératifs d'une société paradoxalement caractérisée par le changement? Le savoir devrait-il alors être instrumental, et servir d'autres fins que lui-même, en étant utile à son détenteur aussi bien qu'à la société pour laquelle il devient une ressource nécessaire? Devrait-il au contraire être « fondamental » et transmettre un patrimoine culturel qui se situe au-delà de contingences par trop mouvantes et inscrire l'ndividu dans une tradition pour qu'il puisse inventer un futur ancré dans le passé? Ou encore devrait-il être centré sur la personne et son plein épanouissement par le développement de toutes ses potentialités, comme le veut l'humanisme contemporain? Pour en faire un être libre? En faisant de l'éducation une finalité en soi, comme le souhaitait Reboul, et à cette condition seulement au service de la personne? De quelle liberté s'agit-il? D'une liberté engagée, consciente de ses devoirs et de son ancrage dans le savoir patrimonial ou d'une liberté qui cherche à s'affranchir de toute agence du pouvoir? »

Christiane Gohier, Les finalités del'éducation, p. 2


La problématique de la formation de la personne, de la formation du soi n'est donc pas confinée au seul domaine de la formation au sens étroit, mais à l'éducation tout entière, et aussi à l'éducation et à l'enseignement scolaire, y compris dans leurs curricula.

En voici une illustration sur un terrain a priori le moins évident, celui de la formation aux médias. Il est emprunté au système éducatif de la Belgique


Document E : Rôle de l'éducation aux médias dans les finalités de l'enseignement scolaire

Ces objectifs (apprendre à être un spectateur actif, un explorateur autonome et un acteur de la communication médiatique et utiliser l'image audiovisuelle comme une véritable technologie au service de l'intelligence) se trouvent dans le prolongement des finalités de l'éducation aux médias telles que les avait définies le rapport de l'opération Télécole de la Fondation Roi Baudouin.

Il faut noter que les objectifs de l'éducation aux médias vont à la rencontre des objectifs généraux de l'enseignement, tels qu'ils ont été formulés par le Conseil de l'Education et de la Formation. On peut même parler d'une véritable convergence, voire d'une identification des deux.

Pour rappel, les objectifs généraux de l'enseignement sont définis comme suit par le Conseil :

  1. «L'enseignement doit promouvoir le développement de la personne de chacun des élèves.
  2. L'enseignement, en amenant les jeunes à construire leur savoir, doit les conduire à prendre une place active dans la vie économique.
  3. L'enseignement doit amener les jeunes à être des citoyens responsables dans une société libre.»

Le Conseil de l'Education et de la Formation souligne l'étroite complémentarité de ces objectifs et leur «conjugaison au présent», dans une philosophie prônant l'émancipation de l'individu par le savoir et la formation. L'éducation aux médias implique précisément une approche intégrée, l'interdépendance des apprentissages et la volonté de construire l'individu en l'aidant à développer son autonomie.

Le Conseil de l'Education et de la Formation veille à un approfondissement constant des savoirs qui ne soit jamais dissocié de la nécessité pour l'élève d'appréhender l'information non linéaire avec ses multiples facettes. De même, l'éducation aux médias entend développer, pour chacune des six thématiques qu'elle aborde (langages, technologies, représentations, typologies, publics et productions), des niveaux d'intégration pédagogique (sensibilisation, discernement, maîtrise), tout en entraînant l'élève à l'écoute et à la synthèse de la culture mosaïque.

L'éducation aux médias est par définition un lieu d'interdisciplinarité, une invitation constante aux situations-problèmes et vise évidemment à dépasser la transmission active des connaissances pour s'inscrire dans l'acquisition des compétences.

Ainsi, il y a non seulement convergence des objectifs généraux et des approches respectives, mais on peut même affirmer que l'éducation aux médias vise à développer un ensemble de savoirs, savoir-faire et savoir-être permettant d'opérationnaliser les objectifs généraux de l'enseignement.

Plus que jamais, l'école entend accroître ses échanges avec le monde extérieur et s'ouvrir à la réalité quotidienne. L'éducation aux médias (indissociable ici de l'éducation par les médias) apparaît comme un instrument privilégié de cette ouverture et de cette remise en question. Les médias faisant partie intégrante de notre environnement social, ils forment une composante importante de la culture de l'enfant et